Introduction


Nous vous proposons ici une promenade dans les rues de Mindelo, à la recherche de ces vieilles maisons qui forgent l'âme de la ville, fondée par les portugais mais développée par les anglais. Malheureusement, il faut préciser ici que ce patrimoine architectural est peu préservé et que, probablement comme partout ailleurs, il est très sérieusement mis en danger par les nombreux investissements spéculatifs.

Il est cependant utile de rappeler que la culture est un luxe. La ville et le pays se développent après avoir connu des périodes difficiles, le visiteur étranger se gardera donc de porter des jugements hâtifs vis-à-vis d'une population cherchant à se loger enfin dans de bonnes conditions et qui n'a pas les moyens de lancer de grands programmes de rénovation des anciens bâtiments.
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Maison typique


(rua Jaime Monta, derrière la Mairie)

Le pigment jaune-sable est l'une des couleurs standards à Mindelo, où vous verrez une quantité d'autres petites maisons semblables à celle-ci, le bleu des volets et portes laissant place parfois à un vert foncé.



Demeure coloniale


Casa Miranda
rua Balthasar Lopes Da Silva


L'un des plus beaux bâtiments de Mindelo, sur 3 niveaux (+ terrasse), propriété d'une ancienne famille portugaise de la ville. Depuis l'été 2012, il abrite une pâtisserie portugaise, la Pastelaria Morabeza.


Maison avec galerie


Maison à véranda en galerie
Face à la Mairie et à la Casa das Bandeiras


Bâtie dans le centre historique de Mindelo, la place de l'Eglise (et de la Mairie), cette très vieille batisse abrite aujourd'hui quelques boutiques au premier niveau, dont la Drogaria Central.


Mise-à-jour: fait remarquable et assez exceptionnel dans une ville rongée par le virus de la spéculation immobilière, une très belle et courageuse rénovation du bâtiment est intervenue en novembre 2006.




Casa das Bandeiras


Maison des drapeaux
Face à la Mairie


Elle aussi située dans le centre historique de Mindelo, à deux pas de l'Eglise, la Casa das Bandeiras est un mini-bazar réputé, une caverne d'Ali Baba, référencée dans tous les guides pour plaisanciers.

Maison en ruines


(rua Balthasar Lopes Da Silva)

Ancienne maison typique, elle est en ruines, vouée à la destruction. Abrite une menuiserie. Seuls les étrangers regardent ces vieilles maisons, les Capverdiens préférant les constructions modernes. Mise-à-jour 2013: la maison a été rasée.

Vieille maison


(quartier Alto Miramar)

Ancienne maison typique, à l'abandon. Il est difficile d'acheter ces maisons: elles sont souvent la propriété d'une famille nombreuse et éclatée, dispersée sur plusieurs continents.

Mise-à-jour 2005: hélas, cette maison photographiée en 2003 a été détruite pour faire place à un bâtiment moderne et parfaitement anonyme. Dommage.

Belle demeure



(quartier Alto Miramar)

Une très belle maison sur les hauteurs de Mindelo, avec une vue superbe sur la baie. Une famille y habite et la garde, les propriétaires étant introuvables.



Mise-à-jour 2005: les propriétaires n'étaient pas si introuvables, la vieille maison ci-dessus référencée en 2003 a été vendue et détruite. Une autre a été construite, elle abrite un studio d'enregistrement conçu par le propriétaire allemand de la marina de Mindelo.

Alignement de maisons



(rua de Santo Antonio)

La rue de l'Alliance Française et de l'Agence Nationale de Voyages, elle mène à la Praça Estrela. Arbres en fleurs. Sur la photo, la Casa do Bougainville, datant de 1870.



Mairie de São Vicente


Le Cap-Vert est découpé en régions administratives appelées "conseils", chacune d'entre elles étant gérée par une "camara municipal" et par une assemblée élues par les habitants. La Camara Municipal de São Vicente regroupe l'ensemble des localités de l'île, y compris Mindelo. Depuis 2004, pour la première fois au Cap-Vert, c'est une femme (Isaura Gomes) qui est "presidente da camara municipal" (maire).

Lors de son ouverture en 1873, le bâtiment de la mairie ("paços do conselho") hébergeait également la prison, le tribunal ainsi qu'une école.


Centre Culturel de Mindelo


(face à l'Alliance Française)

Ancien bâtiment des douanes, il faut absolument visiter son patio. De nombreuses expositions y sont organisées, ainsi que des spectacles et pièces de théâtre.

C'est l'une des plus anciennes constructions de l'île, réalisée entre 1858 et 1861, quand les autorités décidèrent de munir São Vicente de services douaniers capables d'absorber le trafic des bateaux à vapeur venant faire le stock de charbon pour continuer la traversée de l'Atlantique Sud.

Le quai de la douane (cais da Alfandega) ne sera construit qu'à partir de 1873 et ne sera terminé qu'en 1877. Dans les années 1970, ce quai sera abandonné et se dégradera progressivement. Ca n'est qu'en mai 2006 que des travaux de rénovation débuteront, le quai servant depuis fin 2007 de structure pour la mini-marina.

Malgré une extension réalisée dans les années 1880, le bâtiment des douanes s'avéra en 1920 trop petit par rapport aux besoins, mais il faudra attendre les années 1960-1970 pour que d'autres édifices soient construits sur le port, à l'emplacement actuel d'Enapor. Ca n'est qu'en 1976 que le bâtiment changera de fonction pour abriter successivement la Sécurité Sociale, le Notariat puis le Centre Culturel de Mindelo.

Palais du gouverneur


Superbe bâtiment colonial, appelé Palais du Gouvernement ou Maison de l'Etat-Major, puis rebaptisé Palais du Peuple après l'Indépendance en 1975.

Dans un premier temps, l'édifice ne comptait qu'un étage, bâti entre 1858 et 1874. Dans les années 30, considéré bien trop laid et trop vulgaire, il fut remodelé: c'est en 1934 que le premier étage fut terminé, donnant au bâtiment son aspect définitif.



Au surlendemain de l'Indépendance, c'est entre les murs du Palais du Peuple que le tout nouveau premier Ministre Pedro Pires (président de la République depuis 2001) présenta au pays les grandes lignes du programme du premier gouvernement capverdien.

En 2002-2003, le bâtiment (un ancien hôtel) abritant le Tribunal de Mindelo fut jugé insalubre et le Palais du Gouverneur accueillit les juges. Les travaux de réhabilitation commencèrent en 2005-2006, avec, hélas, la destruction de l'ancien tribunal et de la superbe maison voisine (casa municipal do Largo Owen Pinto), entre la Mairie et la rua de Coco.
Cette disparition, voulue par le gouvernement contre l'avis de la municipalité, sera assez mal ressentie par la population, à quelques mois de celle du Café Royal.

Le nouveau Palais de Justice a été finalement inauguré en octobre 2008, il devrait centraliser plusieurs services de l'Etat jusque-là disséminés dans la ville. Le Palacio do Governo devrait être rénové.



Eglise Nossa Senhora Da Luz


(à côté de la Mairie).
Très belle et très ancienne église catholique, portant le nom d'un certain village du 19ème siècle, qui s'est développé pour devenir Mindelo.


Bien que planifiée plusieurs années auparavant, elle n'aurait été finalement construite qu'en 1862 à la place d'une petite chapelle et aurait été au fil du temps l'objet de nombreuses réparations et extensions.

Ce fut le centre historique de la ville, c'est au tour de l'église que se concentrèrent les premières maisons et les premiers commerces.

Aujourd'hui, au Cap-Vert, les églises évangéliques pullulent, rejointent par les missionnaires mormons, les sectes brésiliennes ("rationalisme chrétien", il faut le faire) apocalyptiques ou non...

Pour l'anecdote, fin 1999, une secte apocalyptique avait distribué des prospectus annonçant la fin du monde: un bonhomme y a cru et, pour ne pas vivre telle catastrophe, s'est jeté le 31 décembre au soir à partir du Fortim (l'ancienne forteresse surplombant la baie). Il a survécu à la chute mais est resté gravement handicapé.

L'influence de la religion reste très importante, dans la vie quotidienne comme dans les traditions. Ici on vous dira "à demain" suivi aussitôt d'un "Si Dieu le veut". Il y a un grand sentiment de fatalité dans cet archipel que la sécheresse, les famines et l'indifférence du monde n'ont pas épargné.

Le Pape Jean-Paul 2 visita partiellement l'archipel (Sal, Santiago et São Vicente) les 25 et 26 janvier 1990; pour commémorer son passage à Mindelo, une croix fut dressée sur les hauteurs de la ville, à l'endroit fort judicieusement appelé "Cruz d'Pap".

A la fin 2003, le Vatican a approuvé la création d'un nouveau diocèse, celui de Mindelo, et la nomination d'un second évêque au Cap-Vert.

Fortim / Le Fort


(vue absolument imprenable sur la baie et sur la ville, incontournable).

Forteresse construite pour défendre le port, elle est ensuite devenue prison puis a été laissée à l'abandon.

Le Fort de Mindelo domine l'ensemble de la baie de Mindelo, tant du côté du port (Porto Grande) que de la plage (Laginha). Aujourd'hui abandonné et squatté par des familles défavorisées. Point de vue imprenable.



C'est en 1852 qu'il fut décidé de construire une forteresse pour protéger la ville de Mindelo, forteresse réalisée le 24 juin de l'année suivante et équipée de sept canons (huit autres seront ajoutés en 1882). Le 9 septembre 1883, à l'occasion d'une salve donnée en l'honneur d'un cardinal visitant l'île, deux soldats furent blessés et amputés.



En 1881, la forteresse servit aussi de sémaphore. Dans les années 1930, constatant l'inutilité de l'édifice, l'administration portugaise transforma Fortim en prison jusqu'à l'ouverture de celle de Ribeirinha au début des années 70.

Convoité par tout investisseur étranger arrivé de fraîche date à Mindelo, squatté par plusieurs familles démunies, le Fort attendait un financement pour une rénovation.

En 2006, le bâtiment et les terrains voisins ont été acquis par une société britannique qui, en partenariat avec la chaine de luxe américaine Nikki Beach, y construira un casino, un hôtel, des appartements (vendus 335000 € pièce) et des villas (prix d'une villa: un million d'euros), déjà tous vendus sur commande. Plusieurs fois repoussés, les travaux devraient commencer début 2010.



Mais aussi...


D'autres lieux sont à visiter ou à voir dans la ville de Mindelo. Nous les passons en revue dans une autre rubrique: cliquez ici pour vous y rendre.
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POURQUOI MINDELO?


Quand il n'était encore qu'un tout petit village, Mindelo ne s'appelait pas Mindelo, il a eu plusieurs noms : le tout premier était celui qui est resté comme nom de la paroisse: Nossa Senhora da Luz. Après quoi à la fin du 18ème, quand il atteignait péniblement les 200 habitants, on l'a rebaptisé Dom Rodrigo.

Une vingtaine d'années plus tard, à l'initiative de celui qui voulut donner une grande impulsion à São Vicente, le gouverneur Pusich - ou Pussich - on supprime toutes les pancartes "Dom Rodrigo" pour les remplacer par "Leopoldina", bel effort marketing qui n'a toutefois pas réussi à booster ce qui n'était encore qu'un petit village.

Il a fallu attendre une autre vingtaine d'années, le 11 juin 1838 très exactement, pour que le Ministre des Colonies de l'époque signe un décret ordonnant d'un coup de baguette magique que le village devienne capitale de la Province du Cap-Vert et qu'il prenne le nom de Mindelo, en référence à la petite ville du nord du Portugal où les troupes libérales ("les braves de Mindelo") avaient débarqué pour ravir la ville de Porto aux absolutistes.

Le projet prévoyait entre autres l'envoi de colons depuis les îles de Madeira et des Açores, la construction d'une forteresse, un port franc pendant dix ans, la distribution des terres aux colons, la construction d'une église du nom de "Santa Maria da Gloria", la construction d'une place centrale du nom de "Dom Pedro", etc. Finalement, la capitale est restée à Praia, mais bien des projets imaginés en 1838 ont été réalisés au cours des décennies suivantes, avec un peu de retard dû en grande partie à l'instabilité politique au Portugal.

HISTORIEN


Le grand historien capverdien fut sans conteste Cristiano de Sena Barcellos (1854-1915) dont "Subsídios para a História de Cabo Verde e Guiné" sert encore aujourd'hui à tous les chercheurs. Les sept volumes de cette oeuvre ont fait l'objet de rééditions.

Pour l'anecdote, ses recherches le poussèrent à affirmer que le Cap-Vert avait compté une onzième île totalement inhabitée, située au Sud de Fogo et qui aurait disparu dans une gigantesque éruption (tout comme deux îles aux Açores), après avoir été cédée par le roi Dom João III à un noble portugais. Un seul témoignage corrobore cette affirmation, celle de survivants d'un naufrage à la fin du 17ème siècle.

HISTORIEN (2)


S'il faut rendre hommage au pionnier que fut Barcellos, il n'en faut pas pour autant passer sous silence les travaux plus récents d'autres chercheurs tels que Teixeira da Mota, le père Antonio Brasio, Antonio Carreira, ou, plus proches de nous, Daniel Pereira et Antonio Correia e Silva.

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