Dimanche 20 janvier 2008 / 20h / La Java
Journ?e (inter)nationale des h?ros
En pr?sence de l?ambassadeur du Cap Vert
Intervention de Didier Paillard
Maire de Saint-Denis
Monsieur l?Ambassadeur du Cap Vert
Madame la Pr?sidente de l?AECV
Chers amis du Cap Vert
Je tiens tout d?abord ? vous remercier tr?s sinc?rement de m?avoir invit? ?
partager cette soir?e.
Je suis ici par amiti? pour le Cap Vert, par solidarit? pour tous les Cap
Verdiens qui habitent Saint-Denis, et ils sont nombreux, ? commencer par
Tibo Evora, qui est un ambassadeur talentueux de votre culture et de votre
musique.
Et je suis ici pour vous annoncer une information, qui n?est pas encore
publique, et dont j?ai tenu ? vous r?server la primeur.
Cette information, c?est l?inauguration, le 5 juillet 2008, ? Saint-Denis, de
l?avenue Amilcar Cabral.
Nous avons choisi la date ? combien symbolique de la proclamation de
l?ind?pendance du Cap Vert, pour rendre hommage ? l?une de ses figures
les plus ?minentes.
Le 5 juillet prochain, en votre pr?sence Monsieur l?ambassadeur, en votre
pr?sence ? tous car je suis s?r que vous serez nombreux, nous d?voilerons la
plaque qui portera le nom de Amilcar Cabral, et rappellera le r?le
consid?rable qui fut le sien, pour l??mancipation des peuples
d?Afrique.
Comme vous pouvez l?imaginer, donner un nom ? une rue, une avenue, un
?quipement public n?est jamais un acte banal.
C?est ? la fois nous engager, et c?est engager notre ville, bien au-del? de
nous m?me, pour une longue p?riode, pour les g?n?rations futures.
Il faut donc que cet acte ait du sens. Que le lien avec la ville trouve son
ancrage dans une histoire, une m?moire, un patrimoine.
Et si l?on prend en compte ces ?l?ments, le choix d?une avenue Amilcar
Cabral, dans ce quartier de La Plaine Saint-Denis, ? deux pas du Stade de
France, ce quartier qui a ?t? et qui est toujours une terre de travail et
d?immigration, est r?ellement un choix qui a du sens.
Je mettrai en avant deux raisons essentielles
La premi?re tient ? l?histoire et au parcours de Cabral. Ce n?est pas
seulement le Cap Vert, c?est l?Afrique toute enti?re.
Sa m?re est guin?enne, son p?re est capverdien, sa langue est le portugais, et
lorsqu?il meurt assassin? en 1973, c?est toute l?Afrique qui lui rend
hommage, en particulier Leopold Sedar Senghor.
Or, dans notre ville, nous avons tr?s peu de rues ou d??quipements qui
portent des noms de femmes ou d?hommes Africains. Je crois m?me que le
stade Nelson Mandela est l?une des rares exceptions.
Nous avons donc voulu r?parer cette forme d?injustice, quand on sait
l?importance de la population Dionysienne d?origine Africaine, et l?apport
de cette population ? notre ville.
La deuxi?me raison qui est ? l?origine de ce choix, c?est l?engagement de
Cabral dans la lutte contre le colonialisme.
En Afrique, il a fait partie de ceux qui ont port? cette esp?rance.
Et quand on sait l?importance qu?a eu ? Saint-Denis la mobilisation contre
les guerres coloniales, alors cet hommage est pleinement l?gitime.
Je suis convaincu qu?en donnant ? une avenue de Saint-Denis le nom de
Amilcar Cabral, nous tendons un miroir dans lequel la population de notre
ville saura se reconna?tre.
Notre ville compte aujourd?hui pr?s de cent mille habitants. C?est une ville
populaire, jeune, m?tiss?e, avec pr?s de 80 nationalit?s.
Cette diversit? est une formidable richesse.
Mais elle nous donne ?galement des responsabilit?s, je dirais m?me des
obligations.
Car cette diversit? doit s?inscrire dans un projet collectif. Elle ne doit jamais
conduire ? l??clatement ou au repli communautaire.
Elle doit constituer un ?l?ment d?identit? commune, et de coh?sion sociale.
Nous voulons faire en sorte que chaque histoire de chacune des populations
de Saint-Denis, devienne une histoire partag?e, une histoire de l?autre, et
qu?elle soit appropri?e par la population dans son ensemble.
C?est cette d?marche qui nous a conduit ? ?riger au coeur de la ville, un
m?morial d?di? ? toutes les victimes Dionysiennes de la d?portation dans les
camps nazis ; et ? organiser chaque ann?e une c?r?monie en hommage aux
victimes de l?esclavage.
C?est cette d?marche qui nous a ?galement amen? ? r?aliser tout un travail
de m?moire autour des victimes alg?riennes de la manifestation du 17
octobre 1961, dont certaines furent jet?es vivantes dans le canal de Saint-
Denis.
C?est ?galement cette d?marche qui fait que nous avons une rue d?di?e au
martyr Irlandais Bobby Sands,
une place qui rappelle le sacrifice du jeune Julian Grimau, fusill? par les
franquistes ;
une all?e Guernica,
une rue Che Guevarra,
une ?cole Rachel Carson, du nom de cette biologiste am?ricaine qui fut une
pionni?re de l??cologie,
une rue portant le nom du grand ?crivain alg?rien Kateb Yacine,
et une autre rue, tout pr?s du Stade de France, ? laquelle nous avons donn?
le nom de Jesse Owens, pour saluer ce grand athl?te noir qui remporta le
100 m?tres aux Jeux Olympiques de Berlin, et que Hitler refusa de saluer.
Saint-Denis est une ville-monde. C?est m?me un ?l?ment essentiel de son
identit? et de son histoire.
Une ville monde qui vit bien souvent au rythme du monde, de ses
souffrances comme de ses esp?rances.
A partir du 5 juillet prochain, cette histoire va inscrire dans l?espace public
le nom de Amilcar Cabral, dans une avenue situ?e entre le stade Nelson
Mandela, et le Stade de France.
Pouvait-on imaginer plus beau symbole pour Cabral, pour le Cap Vert, pour
l?Afrique toute enti?re.
Je vous remercie et j?esp?re que vous serez tr?s nombreux ? partager cette
inauguration. _________________ Une douce chaleur insulaire venant du petit pays _________________ Une douce chaleur insulaire venant du petit pays |