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Sujet:  question sur le cavaquinho
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Jean Michel
Invité





Créé le: 28 Juin 2014 13:35   
Sujet du message: question sur le cavaquinho


j'aimerais savoir si il y a une réelle différence entre le cavaquinho du Cap-vert et celui du Brésil? (à part l'accordage).

merci
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Carlos B
Invité





Créé le: 29 Juin 2014 15:23   
Sujet du message: Cavaquinho


Les dimensions de l'instrument sont sensiblement les mêmes d'un modèle à un autre; l'exemplaire commun mesure 52cm de long, dont 12 pour la tête, 17 pour la touche et 23 pour la caisse; les largeurs des tables d'harmonie sont de 11 et 15cm respectivement; l'écart entre le sillet de tête et le sillet de chevalet est de 33cm. Par contre, l'hauteur de la caisse est plus variable, elle est le plus régulièrement d'environ 5cm, mais assez souvent les cavaquinhos sont moins hauts, ce qui leur donne une sonorité plus aigüe (dans la région de Basto et dans d'autres du Minho, sont appelés machinhos). Les bois de construction sont variés, suivant la qualité de l'instrument; les meilleures caisses sont en pin de Flandres; mais habituellement elles sont en tilleul ou peuplier; et les éclisses et le fond sont en tilleul, noyer ou merisier. Normalement, les éclisses sont d'une seule pièce, mais, parfois, certains cavaquinhos ont la partie supérieure de la table d'harmonie en bois noir; les éclisses et le fond sont en aulne; la tête est généralement très travaillée, suivant des modèles variés répertoriés. Les bords et la rosace sont toujours enjolivés de frises décoratives. Les clés sont presque uniquement en bois noir; et, déjà en 1719, le "Règlement pour le métier de luthier", de Guimarães, donne cette indication pour les guitares.
Les cavaquinhos du Minho sont fabriqués par une industrie localisée autrefois à Guimarães et Braga, et aujourd'hui à Porto et aux environs de Braga. A Guimarães, au XVIIème siècle, on fabriquait déjà ces instruments, et le "Règlement de 1719" cite, entre les modèles existants, les machinhos de quatre ou cinq cordes.
Le cavaquinho est l'un des instruments favoris des fêtes folkloriques du Minho et, comme le genre musical qui lui est spécifique, il a le caractère très ludique et festif, étant radicalement exclu des évènements cérémonieux. Il y a encore quelques années, il était présent dans presque toutes les maisons rurales de Guimarães. Il peut être joué en solo, comme instrument d'harmonie, pour l'accompagnement de chants mais, le plus souvent, il est associé à la guitare ou encore à la viole, violon, mandoline et l'accordéon, en plus des percussions comme le tambour, triangle, "reco-reco" - propres aux groupes folkloriques. Dans les régions de Basto et Amarante il existe une nette distinction entre les groupes folkloriques du type "rusga", où on trouve le cavaquinho, la guitare, plus récemment l'harmonica et l'accordéon, et le groupe du type "chula", composé de violon (des fois remplacé par l'harmonica), violes, guitare, tambour, triangle et pas de cavaquinho. Comme on peut constater, dans la région et suivant le cas, le cavaquinho alterne avec le violon les fonctions d'instrument aigu. Le cavaquinho est joué normalement en battement (1), avec quatre doigts de la main droite ou seulement avec l'index et le pouce, comme instru-ment d'harmonie; mais un bon joueur, avec les doigts de la main gauche sur les cordes fines, fait ressortir la partie chantante plus en évidence en battement, pendant
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(1) - Les accords sont utilisés dans la musique d'accompagnement, soit pour donner le rythme par battement (frottement de plusieurs cordes simultanées en suivant un rythme régulier), soit pour enrichir la ligne mélodique en faisant des arpèges (pincement régulier et consécutif des cordes).
que les cordes graves font les accords en accompagnement. Il existe multiples façons d'accorder le cavaquinho, que comme la guitare, change suivant la région, les formes musicales voir même le joueur; généralement, pour pouvoir jouer en groupe, le cavaquinho s'accorde avec la guitare. L'accordage naturel semble être ré/sol/si/ré (de la corde grave vers l'aigüe), mais on utilise aussi sol/sol/si/ré (ou encore la/la/do dièse/mi, toujours de la grave vers l'aigüe). Certains interprètes de Braga utilisent, outre celles-ci, autres accordages dont la corde la plus aigüe (ré) est tantôt la première tantôt la troisième : l'accordage pour le battement (avec la première plus aigüe) correspondant à sol/sol/si/ré, déjà cité; l'accordage pour le "malhão" et "vira", dans la "façon vieille" plus ancienne (sol/ré/mi/la, avec aussi la première plus aigüe; à Barcelos, la préférence est donnée à sol/do/mi/la (accordage "Maia"); d'autres accordages de "malhão" et "vira", et encore d'autres avec la troisième plus aigüe; etc. Actuellement on utilise le cavaquinho (comme d'autres instruments des "rusgas") comme pour le fado, avec un accordage propre, et également la première plus aigüe.
Les origines du cavaquinho sont douteuses. Gonçalo Sampaio, qui explique l'héritage des coutumes helléniques, qu'il trouve dans la musique du Minho, au vu d'hypothétiques influences grecques sur les galiciens de cette région, déclare, sans plus de preuves, la relation entre le cavaquinho et la lyre à quatre cordes et, suivant son opinion, serait venu à Braga, en effet, au même temps que la viole, par l'intermède des biscaïens, sans donner plus d'explications sur cette opinion; il existe en Espagne un instrument semblable au cavaquinho, de la famille des guitares - le requinto - de quatre cordes, manche plate et dix barrettes, dont l'accordage va du grave vers l'aigu, ré/la/do dièse/mi. Jorge Dias voit aussi ses origines en Espagne, où on trouve, la guitarra, guitarrón ou guitarrico, comme le chitarrino italien; et il ajoute " sans pouvoir préciser la date de l'introduction, nous devons reconnaitre que le cavaquinho a trouvé dans le Minho un accueil rare, du à la prédisposition du peuple pour des chansons vives et gaies et pour les danses alertes... Le cavaquinho comme instrument de rythme et d'harmonie, avec sa tonalité retentissante et sautillante est l'idéal pour accompagner les viras, chulas, malhões, canas-verdes, verdegares, prins". En outre, dans le Minho le gout notoire pour les voix féminines suraigües et parfois stridentes, se marient très bien avec la tonalité du cavaquinho.
Le cavaquinho, du type du Minho, avec les barrettes à plat et douze frettes, à la fin du XIXème siècle était assez présent dans la région de Coimbra, plus particulièrement pour les fêtes populaires et les feux de la Saint Jean, associé à la viole, guitare, tambourin et triangle, et pour les sérénades de la Faculté, était appelé machinho, dans la littérature populaire. Il y a encore quelques années, on l'utilisait à ces occasions, il faut reconnaitre, assez rarement et uniquement par des étudiants du Minho. Le cavaquinho de Coimbra avait l'accordage ré/sol/si/mi (du grave vers l'aigu); un exemplaire créé par Antonio dos Santos - autre ancien luthier fameux de la ville, sis à la Rua Direita -, qui se trouve au Musée Ethnographique de la ville, mesure 50cm de longueur totale, 9,5 pour la tête, 17 pour la touche, 23,5 pour la caisse, la table d'harmonie du haut mesurant 10,5 de large et 13,5 pour l'inférieur, 7,8 pour l'éclisse, l'épaisseur de la caisse étant de 3cm en haut et 3,4 en bas.
Il semble être, là-bas, un modèle local, qui a disparu comme la viole supplantés par la guitare. Et, l'exemplaire de cette époque de Antonio dos Santos, prouve non seulement l'utilisation comme sa fabrication régionale.
Le cavaquinho de Lisbonne, semblable à celui du Minho dans son aspect général, dimensions (manche un peut plus courte et la caisse plus longue et large; dans le modèle du Sud, la touche descend plus bas jusqu'à la rosace et mesure 5cm de plus que le modèle du Nord) et accordage sont différents comme la touche qui est surélevée par rapport à caisse, par le quantité de barrettes, au nombre de dix-sept, et comme à la guitare, guitare portugaise, et sur touts les instruments à cordes de la famille des mandolines, l'ouverture et ronde. Le chevalet est différent de celui du Minho, constituée d'une règle épaisse avec une rainure sur toute sa longueur, ou les cordes viennent s'accrocher par un nœud coulant après avoir traverser, comme sur les autres modèles, quatre petites échancrures verticales, entre la table d'harmonie et la moitié inférieure du chevalet. Il semble être dans cette région un instrument de tuna, d'utilisation "urbaine" et surtout bourgeoise, vers le milieu du XIXème siècle, les professeurs de danse de la ville l'employaient dans leurs leçons, et parfois était joué par des dames; à ces occasions la méthode employée était l'arpège, avec un plectre - médiator - comme sur les autres instruments du genre mandoline, en faisant des trémolos sur la corde avec le médiator.
Le cavaquinho est aussi connu en Algarve comme instrument de tuna - en solo ou avec des mandolines, violes, guitares et autres instruments -, utilisé comme à Lisbonne, populaire ou bourgeois, par des étudiants, des sérénades, etc.
A Madère il existe aussi le correspondant à ces instruments à cordes, appelés braguinha, braga, machete, machete de braga ou cavaquinho. Le braguinha a les mêmes dimensions et nombre de cordes que les cavaquinhos du continent, la même forme et caractéristiques que celui de Lisbonne : la touche surélevée par rapport à la caisse, dix-sept barrettes, ouverture ronde; les cordes emblent être des boyaux, mais le plus souvent la première corde est remplacée par un fil d'acier cru; son accordage est, du grave vers l'aigu, ré/sol/si/ré.
Gonçalo Sampaio accentue la différence entre l'instrument du Minho et celui de Madère (machete), qu'il ne reconnait que comme instrument soliste; Carlos Santos le considère comme une création locale, en expliquant que son nom, en accord avec l'auteur du Elicidario Madeirense, vient des bragas (braies), que les paysans de l'île portaient. Mais cette opinion semble ignorer l'instrument continental, du quel, malgré les différences reconnues, nous ne pouvons pas nous empêcher de rapprocher le modèle de Madère. En outre, d'autres auteurs de Madère, comme Eduardo C. N. Pereira, tout en notant certaines particularités du braguinha, comme son accordage par la guitare, sont plutôt de l'avis d'une origine continentale aussi bien du braguinha comme du machete madeirense. Et, c'est à noter, l'appellation de machinho dans certaines régions du Baixo Minho et de Basto, et déjà dans le Règlement de 1719 en se référant à Guimarães.
En vérité, le braguinha de Madère, vu sous l'angle social, se présente, d'un coté, comme un instrument populaire, très "rustre", rythmique et harmonique, pour l'accompagnement, où il est joué façon battement; d'un autre coté, instrument urbain, citadin et bourgeois; mélodique et chantant - il est le seul instrument chantant de Madère - joué en arpège, avec médiator ou de préférence avec l'ongle du pouce droit, ponctué de trémolos ou des accords faits avec les doigts annulaire, majeur et index (ce qui complique énormément l'exécution); ayant fait partie d'ensembles de l'élite social de Funchal qui avait des connaissances musicales, et au service d'un répertoire érudit, avec des arrangements plus ou moins adéquats. Morphologiquement identiques, le braguinha rural est très rustique et pauvre, pendant que le bourgeois est généralement doté d'une finition soignée, avec des bois de luxe, marqueté, etc.
Le Dicionario Musical, de Ernesto Vieira, et aussi le Grove's Dctionary of Music, signalent la présence du cavaquinho aux Açores. En effet, à Pico, on trouve un excellent informateur, en dépit de son grand âge - P. Joaquim Rosa, qui en 1963 avait 90 ans - nous raconte, qu'enfant, il jouait le cavaquinho à Prainha do Norte, son village natal situé sur la même île; et on connait aussi l'existence du cavaquinho sur l'île voisine de Faial, plus précisément au village des Flamengos, près d'Horta. Aujourd'hui encore, on construit des cavaquinhos à Terceira, mais seulement pour des commandes personnelles faites par des américains qui travaillent à l'aéroport de Lajes, ou par des autochtones habitant aux Etats-Unis, et étiquetés "ukulele".
Le cavaquinho existe aussi au Brésil (où sa popularité est plus grande qu'au Portugal), et figure dans tous les groupes musicaux régionaux, de choros, emboladas bailes pastoris, sambas, ranchos, chulas, bumbas-meu-boi, cheganças de marujos, cateretês; etc., avec le violon, guitare, mandoline, clarinette, tambourin, rebec, flutes, ophicléides, reco-reco, puita, canzá et autres, suivant le cas, d'un caractère populaire mais urbain; est différent de celui de Minho, ayant comme celui de Lisbonne et de Madère, la touche surélevée par rapport à la caisse, avec 17 barrettes, et l'ouverture toujours ronde, mais plus petite, comme du reste toutes ses dimensions; son accordage, selon Oneyda Alvarenga, est, comme à Madère (et certaines fois à Minho), l'accord de sol majeur inversé; mais Câmara Cascudo dit qu'on utilise aussi d'autres accordages.
Les auteurs brésiliens, d'une façon générale, Oneyda Alvarenga, Mario de Andrade, Renato Almeida, etc., considèrent unanimement que le cavaquinho brésilien est d'origine portugaise, et Câmara Cascudo, plus précisément, de l'île de Madère.
Donc, d'une manière générale, à l'instrument populaire, du Minho (et originairement de Coimbra), qui est joué en battement, correspond au vieux type avec la touche à ras et avec douze barrettes; tandis que les instruments à caractère citadin et bourgeois, de Lisbonne, Algarve et Madère - donc moins tenus à la tradition - qui est joué en arpège, correspond le type avec la touche surélevée et dix-sept barrettes, qui semble avoir subi des influences d'instruments plus évolués comme la guitare ou mandoline. Le cavaquinho brésilien, bien que populaire, appartient à cette dernière famille; mais comme nous avons vu, il est surtout utilisé par des couches urbaines. Toutefois, ceci n'est pas une règle générale : le braguinha rural de Madère, profondément populaire, est, malgré tout morphologiquement identique au modèle urbain.
Dans les îles Hawaï, il existe un instrument identique au cavaquinho - le "ukulélé" - qui, semble-t-il, y a été introduit pas des portugais. Comme le cavaquinho, le ukulélé hawaïen possède quatre cordes et a la même forme générale; certains luthiers le fabriquent avec la touche surélevée et dix-sept barrettes, comme la plupart des instruments à cordes de cette famille, et comme le cavaquinho de Lisbonne, de Madère et du Brésil; mais il existe des ukulélés de fabrication anglaise du type du Minho, avec la touche a ras et seulement 12 barrettes. Son accordage naturel est, du grave vers l'aigu, sol/do/mi/la (ou la/ré/fa dièse/si, ou encore ré/sol/si/mi, comme il est cité dans certains manuels anglais). Carlos Santos et Eduardo Pereira affirment que la dissémination du cavaquinho dans le monde est due au tourisme, le cinéma et surtout à l'exportation et à l'émigration des iliens vers l'Amérique du Nord et du Sud, les îles Sandwich, etc. Ils citent même certains des premiers exportateurs qui, au début du XXème siècle les ont envoyés, sur commande, vers la Barbade, Essequibo-Demerara et Trinité.
En effet, le cavaquinho ou braguinha, a été introduit à Hawaï par un ressortissant de Madère nommé João Fernandes, né à Madère en 1854, parti vers Honolulu sur le voilier "Ravenscrag" avec un contingent d'émigrés - 419 personnes en comptant les enfants -, destinés aux plantations de canne à sucre, via le Cap Horn, voyage qui a duré quatre mois et vingt deux jours. Parmi ces émigrants, cinq hommes sont restés liés à l'histoire de l'introduction du cavaquinho à Hawaï : deux bons joueurs, le déjà cité João Fernandes (qui joué aussi la guitare et le rajão) et José Luis Correia; et trois luthiers, Manuel Nunes, Augusto Dias et José do Espirito Santo.
Le "Ravenscrag" arrive à Honolulu le 23 août 1879, et José Fernandes (selon la revue Paradise of the Pacific, de janvier 1922),quitte le bord avec un braguinha à la main, qui appartenait à un autre émigrant, João Soares da Silva, que ne sachant pas jouer, l'avait prêté à João Fernandes pour qu'il puisse animer le bord pendant le long périple jusqu'à Hawaï. Les hawaïens, en écoutant João Fernandes jouer de ce petit instrument, sont restés ravis, et lui ont donné de suite le nom de "ukulélé" qui veut dire "puce sauteuse", en rapport avec la façon dont il est joué. Après s'être installé sur l'île, João Fernandes était très sollicité pour jouer lors des fêtes, sérénades, bals, etc., et, plus tard, a formé un groupe avec Augusto Dias et João Luis Correia. Il a joué pour le roi Kalakaua, en particulier le jour de son anniversaire, pour les reines Emma et Liliuokalani, au palais d'Ilakla et au pavillon d'Eté de Iolani, qui était un centre de musique, dance et culture.
A Honolulu, très rapidement le "ukulélé" devient populaire et Manuel Fernandes qui a ouvert un magasin de meubles dans le King Street, commence à fabriquer ces instruments, qu'il ne savait jouer mais demandait à João Fernandes de le faire et les passants s'arrêtaient à la porte de son atelier pour écouter.
Très vite les hawaiiens ont compris qu'il était facile de jouer de cet instrument, et commencèrent à acheter les exemplaires locaux, dont le prix était, à l'époque, de 5 dollars. Cette activité de Manuel Nunes est répertoriée depuis 1884; à la même époque, Augusto Dias ouvre une boutique de fabrication et vente d'ukulélés; et à partir de 1888, José Espirito Santo se lance aussi dans cette affaire. Ces trois luthiers passent à utilisent les bois locaux kou et koa, avec lesquels ils ont construit des instruments de très bonne qualité.
Manuel Nunes a laissé une descendance à Hawaii et son arrière petit-fils, Monsieur Leslie Nunes, grand amateur d'ukulélé et auteur d'un petit ouvrage sur ses origines, auquel nous nous référons sur cet article, pense que c'est son arrière grand-père qui est à l'origine de sa diffusion sur l'île et après aux Etats-Unis. Nunes est le nom des plus grands luthiers de Madère, nommément Octavio João Nunes (qui a offert une braguinha de sa fabrication à l'impératrice Elizabeth d'Autriche, qui est exposée au Musée de Vienne), et son neveu João Nunes "Diabinho". Selon les informations d'un neveu de ce dernier, Monsieur Bartolomeu de Abeu, ni l'un ni l'autre de ces luthiers n'ont jamais été à Hawaii ni aux Etats-Unis. Reste à vérifier si Monsieur Manuel Nunes, qui est parti à Hawaii, et comme nous avons vu a été fabriquant de cavaquinhos, faisait partie de la famille des luthiers Nunes de Funchal.
Le cavaquinho existe aussi au Cap Vert, d'une taille plus grande que celui du Portugal, avec la touche jusqu'à la bouche, seize barrettes, et très lié à la vie locale.
Est-ce-que le cavaquinho, dans le passé, avait un caractère très généralisé dans le Pais et que, petit à petit, s'est éteint ne laissant que des traces dispersées de plus ou moindre importance liées aux formes musicales locales? Ou à partir d'un modèle originaire du Minho, d'où il a dispersé directe ou indirectement vers les ou quelques unes des endroits où il existe encore aujourd'hui - Coimbra, Lisbonne, Algarve, Madère, Açores, Cap-Vert et Brésil - s'adaptant suivant les circonstances? Jorge Dias va plutôt vers cette deuxième hypothèse mais, plus concrètement, tenant compte du caractère différent entre celui de Minho et celui de l'Algarve, pense que celui de l'Algarve a été introduit par des autochtones de retour de Madère ou du Brésil - où il a été très certainement introduit par des gens de Minho. Et il est à croire que la même chose a dû se passer avec le modèle de Lisbonne.
Ainsi, à partir de la province du nord, le cavaquinho a été introduit à Madère par l'émigré venant du Minho. Eloigné de ses origines, donc moins tenu de garder la tradition, il change sa forme influencé par d'autres instruments locaux plus évolués, et avec lesquels il s'associe petit à petit, tout en gardant son caractère populaire, et gagne dans la ville de Funchal un statu plus élevé.
Et c'est comme ça qu'il revient au continent, Algarve et Lisbonne, entre les mains des gens de ces régions qui le connaissent que sur cet aspect. La même chose a dû se passer avec le Brésil, toutefois en tenant compte, toutefois, de la possibilité d'un contact direct entre Madère et ce pays.
Lenie Berthe cite encore un autre type de cet instrument existant en Indonésie - le ukulélé ou kerontjong faisant partie des instruments d'accompagnement de l'orchestre qui porte le même nom, avec une guitare, un violoncelle ou contrebasse et un alto (viole). Cet orchestre correspond à un genre musical indonésien qui apparait au début du XVIème siècle, au contact de la musique portugaise, influencé, suivant les régions, par les musiques traditionnelles comme le gamelan.
A Madère, outre le braguinha, il existe un autre instrument de la même famille - le rojão - d'une forme identique mais d'une taille différente - environ 66cm de long (dont 32 pour la table d'harmonie) et 21 de large - avec 17 barrettes et, normalement 5 cordes, parfois toutes métalliques ou uniquement les premières et la quatrième (n° 10 ou 8 et 4 respectivement), les autres de boyaux - l'accordage , du grave vers l'aigu, ré-sol-do(bas)-mi-la ou mi-la-ré(bas)-fa bémol-si); instrument d'accompagne-ment, on le joue comme le braguinha, en battement, également avec des trémolos de haut vers le bas, avec l'index, le médium et l'annulaire de la main droite, en alternant avec les autres, du bas vers le haut, du pouce.
Carlos Santos et Eduardo Pereira considèrent cet instrument comme une création de Madère, imitation de la guitare, d'une taille plus petite. Toutefois nous avons vu dans le Règlement pour le métier de luthier de Guimarães, de 1719, qu'il se construisait des "machinhos" de cinq cordes (outre ceux de quatre cordes, qui correspondent aux cavaquinhos actuels), ce qui mène à croire qu'il existait sur le continent un autre type plus grand que correspondrait au "cavaco" (cité par plusieurs auteurs), disparu de nos jours, et qui amené à Madère a subi des modifications, quant à la taille de son manche et le nombre de barrettes, très certainement influencé par la guitare, popularisé au début du XIXème siècle avec ces caractéristiques. Et cette hypothèse est encore renforcée si on tient compte de l'accordage du "rajão", identique à un autre instrument espagnol de la famille des guitares de cinq cordes - le guitarro andalou -, prédécesseur probable du "cavaco" - ou de ce "machete" de cinq cordes du Règlement de 1719. Il faut ajouter encore, que "l'Encyclopédie Universel Espasa", se réfère à un "cavaco "des portugais, qui est semblable au cavaquinho mais de dimensions plus importantes; et Leslie Nunes parle d'un autre instrument hawaïen d'origine portugaise - le taro-patch - , comme étant une petite guitare, de cinq cordes (et dans certaines occasions de quatre), qui par ses dimensions se rapprocherait du "rajão" de Madère et introduite dans ces îles par les mêmes personnes qui ont amené le "braguinha", à l'occasion déjà citée. en résumant, il existait au Portugal, au XVIIIème siècle , des "machinhos" grands, de cinq cordes, qui existent encore à Madère et à Hawaï, mais qui ont disparu ici (et inconnu au Brésil, ou il existe des cavaquinhos petits et grands).
Enfin, dans certains cas, d'ailleurs assez rares, surtout à Lisbonne, un instrument assez semblable au cavaquinho par sa forme générale et dimensions, mais avec un nombre supérieur de cordes (donc avec un manche plus large), est appelé aussi cavaquinho, quoique très certainement d'une origine et nature différentes.


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