Baia das Gatas 2003
Au-delà des chiffres annoncés par les organisateurs (100.000 spectateurs, certainement très exagéré), l'édition 2003 du festival de Baia fut une belle réussite, confortant son statut de plus grand festival de musique d'Afrique occidentale.

La soirée de vendredi avait été baptisée "nuit africaine" puisque des artistes du continent se succédaient sur scène; on notera le succès surprenant du sénégalais
Ismael Lo, qui a mis le feu dans le public (vous le connaissez probablement pour sa participation à la bande originale de "Tout sur ma mère" d'Almodovar - en 2006, Cesaria Evora l'appellera pour chanter en duo sur son disque "Rogamar"), un public déjà bien chauffé par le jeu de scène et par l'enthousiasme de l'angolaise Patricia Faria.

Une foule gigantesque a pris d'assaut la plage de Baia samedi pour écouter Kompass (le groupe de Césaria Evora) accompagnant Nancy Vieira, Mayra, Téofilo Chantre (photo), pour lesquels on regrettera le timing un peu étriqué, puis les brésiliens Toque de Prima et le gabonais Oliver N'Goma.
Mais le succès le plus retentissant est à mettre au crédit de
Suzanna, la star du zouk cabo-love et aux cubains de
Cubanito 20.02 mixant salsa et raggamuffin, à la manière des Orichas ou du français Sergent Garcia.
Seule la mort d'un ado de 13 ans ayant percuté un autocar (son père policier conduisant la moto étant blessé) sur la route de Baia est venue ternir ces deux splendides journées. D'autant que, par manque de moyens, le corps est resté sur la chaussée toute la nuit.

La journée de dimanche, endeuillée un peu plus encore par l'arrivée de la pluie, a commencé par les prestations hip-hop de jeunes toasters locaux, appuyés par le rappeur franco-capverdien Izé. Profitant du retour d'un ciel pur, Vera Cruz a confirmé la bonne impression laissée depuis sa participation au FestiJazz de Mindelo en mai dernier, mais c'est indéniablement le groupe
Cordas do Sol (photo) qui s'est taillé la part du lion, réunissant pendant plus d'une heure toutes les générations autour des morceaux (des hymnes!) de leurs deux albums. Le public étranger, plus nombreux que les autres années, est tombé sous le charme de leur reprise de
Clandestino de Manu Chao (très attendu ici) qui a une saveur toute particulière dans ce pays à forte émigration.

La 19ème édition du festival rendant hommage au grand compositeur mindelense Manuel d'Novas, quelques artistes ont interprété ses chansons, sur une musique assurée par
Bau à la guitare et au cavaquinho. Hormis Djoia, Solange et Dulce Matias, on retiendra surtout la participation (trop rare) de la frêle et très touchante
Herminia (photo) à qui le public a réservé un accueil respectueux et chaleureux.
Manuel d'Novas est monté un peu plus tard sur scène pour interpréter deux de ses compositions, dont une inédite, après quoi la scène du festival s'est vidée, un peu vite au goût du public.
A commencé alors un long long défilé de voitures, d'autocars et d'aluguers sur les 15 km de route pavée entre Baia et Mindelo.
Dossier Baia das Gatas
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