L'Etat capverdien vient d'annoncer qu'il allait reprendre le contrôle de la compagnie d'électricité Electra, privatisée au début des années 2000 et cédée à la compagnie nationale portugaise.
Après de nombreuses crises et d'incessantes accusations de part et d'autre, le gouvernement et les représentants portugais se sont réunis hier pour fixer les conditions d'une augmentation de capital qui permettrait d'assainir la situation financière d'Electra et de fournir à l'Etat capverdien les moyens de définir sa propre politique énergétique.
Depuis plusieurs années, Electra n'arrivait pas à faire face à la demande croissante d'électricité dans la capitale, qui a connu ces derniers mois de fréquentes et longues coupures compromettant sérieusement la vie économique et industrielle de Praia.
De même, Electra était régulièrement accusée de n'avoir pas fait les investissements nécessaires pour produire suffisamment d'eau. São Vicente a dû vivre plusieurs semaines quasiment sans eau, la situation commence seulement maintenant à se régler.
On remarquera que la libéralisation des compagnies électriques menée par le FMI en Afrique a presque toujours eu les mêmes conséquences - coupures, manque d'investissements et de maintenance. Le Cap-Vert est l'un des premiers pays à reprendre le contrôle de son ancienne compagnie nationale, avec l'appui politique notable du Portugal.
"Nous ne venons pas pour faire de l'argent"
C'est ce qu'a déclaré - sans pouffer - Hanif Mohammed Khoda, président de Profile Group, entreprise des Emirats Arabes Unis, venant présenter le futur complexe Cesaria Resort.
S'étalant sur 1300 hectares de ce qui est encore aujourd'hui la plage de Palha Carga au sud de l'île de São Vicente, le complexe immobilier intègrera 1700 maisons individuelles, 5 hôtels, 2200 appartements, une marina, un casino (mais pas pour faire de l'argent - on y jouera probablement avec des allumettes) et devrait faire l'objet d'un investissement approchant les 500 millions d'euros.
Autant d'altruisme, de nos jours, ça méritait d'être signalé.
En quelques semaines, plusieurs cas de noyades ont été signalés à São Vicente en ces temps de mer agitée et de forts courants.
La première a eu lieu à São Pedro, où le jeune nageur a finalement pu être tiré hors de l'eau par un militaire de l'Otan.
Quelques jours plus tard, toujours à São Pedro, c'est cette fois un militaire de l'Otan qui a été secouru par des civils, avec l'intervention efficace des plongeurs de Blue Discovery.
La dernière en date a vu une petite fille de sept ans disparaître sur la plage de Salamansa. Les soldats français n'ont pas réussi à la sauver, et certains villageois les ont indirectement mis en cause. Situation d'autant plus compliquée que les militaires n'avaient pas le droit d'être sur la plage, et que les enfants se seraient baignés pour attirer leur attention.
Une occasion de plus pour rappeler qu'au Cap-Vert il est fortement recommandé de renoncer à se baigner quand la mer est forte et de ne pas trop s'éloigner.
Ca y est, la programmation du festival de Baia das Gatas 2006, 22ème du nom, est connue.
Les deux têtes d'affiche seront incontestablement Cesaria Evora et la brésilienne Daniela Mercury, soutenues par ces grands chanteurs que sont Dudu Araujo, Tcheka et Zeca di Nha Reinalda.
Du 11 au 13 août, d'autres artistes se partageront la scène du plus grand festival musical de l'archipel, incontestablement l'un des meilleurs de l'Afrique de l'Ouest: les expatriés Sara Tavares, Maria de Barros, Gil Semedo et Nichols, l'ivoirien Tiken Jah Fakoly. Vasco Martins, Gabriela Mendes, Constantino Cardoso et Hip Hop Art représenteront São Vicente.
Et puisque vous ne me demandez pas mon avis je vous le donne: on regrettera évidemment l'absence d'artistes méritant plus de visibilité, comme Mayra Andrade, Danae, Princezito, Djinho Barbosa, Herminia (chacun ayant un nouveau CD à promouvoir), Jorge Humberto, Mariana Ramos ou Teofilo Chantre. Le cachet accordé à la grande star brésilienne aurait certainement couvert ceux de tous ces artistes, moins samba/paillettes, plus authentiques.
Pour rompre définitivement avec le mauvais esprit régnant sur ces News, voici la jolie histoire de cette tortue ayant choisi de venir pondre ses oeufs sur la petite plage de Laginha, en plein milieu de la ville de Mindelo.
Ce sont des amateurs de bains nocturnes qui ont assisté au spectacle de cette nidification urbaine et qui ont aussitôt alerté les autorités. Des filets de protection ont été installés et l'animal a pu repartir.
Les spécialistes estiment que l'incubation durera une cinquantaine de jours, et moi je dis qu'il faut leur faire confiance.
Juste pour la rigole. Allez.

Le Café Royal de Mindelo, c'est fini, comme en atteste la petite vidéo présentée ici.
Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas encore Mindelo, il faut oser la comparaison suivante: à Mindelo on avait le Café Royal comme on a le Café de Flore dans le quartier Saint-Germain à Paris.
Grâce aux célébrités locales qui y passaient, en particulier Cesaria Evora, son nom est devenu quasi mythique dans les années 60. Il faisait sans conteste partie du patrimoine culturel de la ville.
Mais Mindelo vit sur sa splendeur passée et brade son héritage: des investisseurs sans scrupules achètent, détruisent, construisent des horreurs, en surfant sur le développement touristique, en se rendant parfaitement compte qu'ils scient la branche sur laquelle ils sont assis. Seul le court terme les intéresse.
D'ici à quelques années, Mindelo aura perdu tout son patrimoine architectural, les touristes bouderont alors cette nouvelle Rome devenue totalement décadente. Ne resteront que des immeubles champignons dont la valeur tombera aussi vite que Mindelo aura vendu son âme.
Quand l'investisseur canarien a racheté le Café Royal fin 2003, la presse capverdienne insistait sur le fait que la façade était classée. Depuis, on raconte que le nouveau propriétaire aurait discrètement appuyé la campagne électorale des municipales, et il n'est plus question de classement.
Régulièrement interrompus (le même investisseur - que l'on dit ancien chef de la police canarienne - construit une pension en ville, et un complexe touristique de 400 chambres à Baia das Gatas), les travaux de démolition se sont étalés sur six mois. Des petits bonshommes sans casque, sans équipement de protection, sans corde, sans filet, faisaient sauter la pierre à coups de masse, de préférence les dimanches ou jours fériés.
Avec la disparition du Café Royal, on peut légitimement s'inquiéter sur l'avenir de Mindelo, cette ville qui ne voit rien, ne sent rien, n'entend rien.
Rien ne sera épargné au Cap-Vert cette année: après les manoeuvres de l'Otan, les fausses éruptions, les séismes, voici qu'arrivent... les Gipsy Kings! En concert prochainement dans l'un des grands hôtels de Mindelo.