D'après l'agence de presse AP, nous verrons bientôt arriver ici à Mindelo la famille française Reviron, qui a fait le choix de partir en mer dimanche dernier pour un tour du monde durant trois ans.
Et donc: bienvenue pour votre prochaine escale dans la baie de Mindelo.
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La fête de la Saint-Jean (sanjon) vient de se terminer à Mindelo. La ville s'est vidée en début d'après-midi, la population se ruant à pieds, en voiture particulière ou en aluguer, vers le quartier éloigné de Ribeira de Julhão. Après le Carnaval et à deux mois du festival de Baia des Gatas, la Sanjon est le grand rassemblement populaire du milieu d'année. Populaire, il l'est indéniablement, il n'y a aucune véritable organisation, aucun spectacle sur scène, on se contente de respecter les traditions, on est très loin des concerts donnés pour la jetset de la ville, curieusement absente aujourd'hui.
Une messe est donnée dans la petite chapelle, puis, à l'extérieur, les navizins sont bénis par le prêtre. Il s'agit de reproductions de bateaux portés à la ceinture par des danseurs, eux-mêmes encadrés par une troupe de tambours battant le rythme immuable de la Sanjon. Un jury choisit le navizin le plus réussi (cette année, Crioulo, Noite d'Alegria, Nos Cultura, Madalan et Naba participaient) puis la meilleure troupe percussionniste, puis les meilleurs danseurs (la cola de Sanjon).
Ceux que la course de chevaux lancée un peu plus loin ne passionne pas peuvent continuer de jouer aux jeux d'argent, en misant quelques escudos sur le prochain tirage de dés. Si plusieurs milliers d'escudos changent de main en quelques heures (et votre serviteur sait de quoi il parle), on est quand même loin du CAC 40.
Plus tard en soirée, les feux de la SanJon sont allumés (lumnara, et l'on continue de danser au rythme des tambours qui ne veulent pas se taire.
Le centre-ville de Mindelo était cette nuit livré à des centaines de jeunes finalistes, ces élèves célèbrant leur dernier jour d'études. Partant de leurs lycées (hier, ils venaient de Monte Sossego) et convergeant vers la Praça Nova (= Amilcar Cabral), ils ont animé la ville vers 1h30 du matin, chose aujourd'hui impensable en France, avant de finir la nuit en discothèque.
Ceux qui ont réussi à décrocher des bourses partiront continuer leurs études à l'étranger (Portugal, Brésil, USA, et très peu en France, qui offre une toute petite poignée de bourses à ce pays membre de la francophonie), les plus fortunés les continueront à l'Université payante de Praia ou dans des instituts privés, et les autres chercheront des petits boulots sous-qualifiés.
Depuis ce matin, les rues de Mindelo résonnent au son des tambours de la São Jão (Saint Jean, 24 juin). Concrètement, vous donnez quatre tambours, quatre sifflets et quatre litres de grogue (rhum local) à des fêtards, et vous obtenez le rythme de la São Jão.
Le tout pour annoncer la fête du quartier de Ribeira de Julhão qui commence aujourd'hui, pendant laquelle il faut boire (du grogue, encore) et perdre de l'argent aux jeux de dés. Et je ne dis pas ça parce que j'en ai perdu, non.
Bienvenue aux lecteurs de Télérama en France, journal qui a classé le 14 juin www.mindelo.info site du jour. Merci à eux.
Le ministre adjoint de la Culture et des Sports (association douteuse, mais il y a pire: le Ministère de la Défense et des Relations avec le Parlement) a exprimé hier le souhait que la constitution reconnaisse le créole comme langue officielle, ce qui rapprocherait (voir photo) le Cap Vert d'en bas (eh, j'invente, il n'a pas utilisé cette expression stupide) de ses représentants politiques.
En pratique, le créole est parlé partout dans le pays, et le portugais n'est usité que dans l'administration et dans les médias. Le malheur, c'est qu'il y a autant de créoles qu'il y a d'îles, et on en a beaucoup, ici, des îles.
L'artiste Nando da Cruz (qui vit en France) a exhorté hier les capverdiens à ne plus faire de copies des CD d'artistes capverdiens et à acheter les CD originaux; selon lui, le piratage ferait beaucoup de mal à ces musiciens, les empêchant de vivre de leur travail et réduisant l'intérêt des producteurs pour une musique qui ne se vend pas.
Ici au Cap Vert, un CD original se vend à 1500 escudos, tandis qu'une copie se vend entre 600 et 800 escudos. Ce sont les disquaires eux-mêmes, ayant pignon sur rue, qui vendent ces copies.
Pour info, le salaire minimum au Cap Vert est de 9000 escudos par mois.
Revenant d'un déplacement au Cap Vert, le directeur de l'Institut Pasteur à Dakar a annoncé vouloir améliorer la coopération de son établissement avec l'archipel, en particulier dans la lutte contre le Sida.