
Tout ce que vous n'auriez jamais eu idée de demander sur le Cap-Vert.
Une centaine de vendeurs originaires d'Afrique de l'Ouest (Nigéria, Sénégal, Guinée) ont manifesté cette semaine à Praia pour protester contre les violences dont ils sont victimes et contre l'insécurité qui les empêche de travailler.
Car, malheureusement, le racisme sévit ici aussi où certains capverdiens ne voient pas d'un bon oeil l'arrivée d'africains du continent, appelés péjorativement "mandjacs". On leur reproche de prendre le travail des capverdiens, on se moque de leur style de vie, de leur religion, bref, rien de bien original, on connait ce refrain.
Mais c'est un refrain encore plus stupide dans ce petit pays où près des deux tiers de la population ont émigré vers l'Europe ou les USA.
Vous l'avez peut-être lu dans les infos des jours précédents, le Cap Vert sera l'un des 16 pays bénéficiaires du Fonds des Défis du Millénaire (Millennium Challenge Account, créé par Bush pour aider les pays pauvres) doté en 2004 d'un milliard de dollars.
Une délégation américaine est arrivée à Praia pour évaluer avec le gouvernement les besoins et les projets à développer.
Les partis gouvernementaux et d'opposition se disputent pour savoir qui a contribué le plus à l'octroi de cette manne inespérée.
L'autre question qui agite la classe politique est de savoir combien le Cap Vert peut espérer recevoir: 50, 70, 100 millions de dollars? Pour information, le PNB annuel est de 600 millions de dollars.
Un éditorialiste a écrit la semaine dernière qu'il était "temps de mettre fin à ces cinq siècles pendant lesquels le Cap Vert était lié à l'Europe, un continent qui n'a jamais rien fait pour l'Afrique" (Rui Pereira, A Semana).
Dans le même journal, un chroniqueur autrement plus fin (et pour cause, il s'agit de l'écrivain Germano Almeida) remarque que les faveurs américaines arrivent justement au moment où l'on parle de possibles gisements de pétrole au Cap Vert.
Pour calmer un peu le jeu, l'ambassadeur des Etats-Unis au Cap Vert a rappelé tout le monde à l'ordre en estimant qu'il serait temps de se rassembler pour proposer des projets.
A vos ordres, Chef?
Le Ministre capverdien de la Défense a démenti que le gouvernement demandait au Portugal d'appuyer sa candidature à l'entrée du petit pays dans l'OTAN (Organisation du traité de l?Atlantique nord).
"L'adhésion du Cap Vert à l'OTAN n'est pas à l'ordre du jour" a-t-il déclaré à la presse avant de rejoindre son homologue en visite dans l'archipel.
La veille, devant les journalistes portugais, il déclarait que "le Cap Vert envisage la possibilité de demander l'adhésion à l'Otan, en espérant pouvoir compter sur l'aide du Portugal et d'autres partenaires".
Et voici donc le jeu de mots annoncé: OTAN pour moi!
Jean Amadou rulez!
L'étude publiée ces derniers jours par l'Institut National des Statistiques est intéressante à plusieurs titres: elle a le mérite de dresser un portrait socio-économique du pays et surtout, elle permet de relativiser certains résultats économiques un peu trompeurs.
Ces derniers mois, le Cap Vert cherchait à négocier (= à retarder) sa sortie des pays les moins avancés; en entrant dans la catégorie des pays émergeants, l'archipel a peur de perdre les subventions et les emprunts auxquels il avait droit jusqu'ici.
Les indicateurs économiques sont bons, le Cap Vert est en tête dans les classements du continent africain, et la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement vient encore tout récemment de confirmer cette bonne santé: avec un revenu annuel par habitant dépassant les 1400 dollars (n'est-ce pas?), le Cap Vert est l'un des rares pays dont la croissance économique a été constante sur les vingt dernières années.
Seulement, patatras, l'étude de l'Institut National des Statistiques vient remettre les pendules à l'heure en dénombrant 172000 capverdiens pauvres, soit 37% de la population (chiffrée à 440000). Parmi eux, 92000 vivent avec moins de 80 escudos par jour (70 centimes d'euro).
Santiago et Santo Antão comptent à elles seules 71% de la population la moins favorisée.

Grâce au Millenium Challenge Account, le Cap Vert obtiendra peut-être 100 millions de dollars. Les 172000 pauvres du Cap Vert pourraient se les partager à hauteur de 52000 escudos chacun (472 euros).
"Fazê m'nine né nada, cuida dele é ké tud"
(faire un enfant ça n'est rien, c'est s'en occuper qui est le plus important)
C'est le slogan qu'on pouvait entendre lors de la manifestation organisée par l'Institut Capverdien des Mineurs à l'occasion de la Journée Internationale des Enfants.
Pas de chance: quelques jours après son baptême, le nouveau Boeing 757 de la TACV a été endommagé la semaine dernière après la collision avec un avion italien sur le tarmac de l'aéroport de Sal.

C'est pas avec les avions d'America Airline que ça arriverait.
A Praia sur l'île de Santiago, Cabo Verde Telecom expérimentera au cours des prochaines semaines la nouvelle technologie Triple Play développée par Siemens, qui permet par un même câble la diffusion de signaux de télévision, de données (Internet) et de téléphonie.
Par ailleurs, et ça n'a rien à voir, l'étude publiée par l'Institut National des Statistiques montre qu'un peu moins du tiers de la population de Praia est pauvre (huit mille vivent avec moins d'un euro par jour).

Avec mon MCA, tout le monde aura droit à la télé par câble. Et pour ceux qui n'ont pas l'électricité (je respecte les religions), on installera une antenne parabolique.
7 millions d'euros, c'est le montant que les Pays-Bas ont attribué au Cap Vert au titre de la coopération pour 2004.
Mais, bêtement, des institutions capverdiennes et des municipalités ont tardé pour définir les objectifs et les besoins, ce retard a provoqué l'annulation de ce financement.

Pas bien grave, mon miyard arrive.