"Tout vient à point à qui sait attendre", peut-être, mais on a quand même sacrément du mal à prendre son mal en patience en attendant le premier vrai album solo de Princezito, qui semble condamné à ne figurer que sur des compilations, belles compilations au demeurant. Après avoir vécu plus ou moins le même bouillonnement pour d'autres jeunes talents comme Vadu ou Mayra Andrade , on pensait pourtant être capable de supporter l'attente.
Princezito fait partie de cette nouvelle génération d'artistes qui ont su émerger grâce à leur créativité hors normes, et qui se refusent à laisser la musique capverdienne se figer ; s'ils sont les premiers à vouloir divulguer les sons traditionnels, les histoires d'antan et les coutumes ancestrales, il leur faut aussi les mélanger avec des rythmes, des mélodies, des fantaisies venus d'ailleurs. Influencé par son séjour à Cuba, Princezito en a ramené quelques savoirs secrets, des inspirations mystiques, une attirance pour la transe, autant d'éléments extérieurs qui ont pu se fondre harmonieusement avec les sons et les thèmes traditionnels du Cap-Vert, avec les percussions du continent africain voisin.
Hormis la tabanka, le batuque et le funana, déjà adoptés au cours des décennies précédentes, Princezito, le "negro educado", le "badiu civilisado", modèle un finaçon plus contemporain, s'extirpant des hauteurs de Santiago l'Africaine et prêt à conquérir le coeur des cités. Un finaçon retoqué qui rappelle le discours rapide des toasters caraïbéens, si fiers de leur flow, de leur flux rapide et hâché, mais en la matière le chanteur de Tarrafal n'a rien à leur envier : on sait à peine quand il commence, et nul ne sait quand il s'arrêtera, avec une bonne part d'improvisation et surtout avec un amusement contagieux.
Moins consensuel que son grand frère Maria Lucio, maniant malicieusement les mots et les idées, Princezito (appelé aussi Calu Princezito, ou encore Princesito) raconte avec sarcasme ou avec tendresse des épisodes de la vie quotidienne, extériorise et perpétue des sentiments ancrés dans la culture des badius, les habitants de Santiago. Il est aujourd'hui avec Vadu le plus crédible des défenseurs du batuque, d'un batuque lui aussi rendu plus universel après être passé à travers les cordes de la guitare d' Orlando Pantera, génie sans qui ladite génération aurait certainement eu plus de mal à s'approprier ces rythmes traditionnels.
Un batuque prêt à prendre l'assaut des hit-parades internationaux affamés de métissages inédits: avec, pour première victoire ayant valeur de signal d'alarme, le succès de la chanson "Lua", écrite et composée par Princezito, reprise et popularisée à travers le monde par Mayra Andrade.
A l'occasion du festival de théâtre Mindelact, anime un atelier sur la "culture badia", la culture de l'île de Santiago.
Princezito enregistre "Lua" [ extrait ], "1 Minuto" [ extrait ] et "Bonbolon" [ extrait ] pour la remarquable compilation "Ayan".
[2003]
Son morceau "1 minuto" a été choisi pour figurer dans la compilation "Mother Africa", Princezito y cotoie Geoffrey Oryema, Miriam Makeba, Sally Nyolo, Papa Wemba, Hasna el Becharia, etc, et aussi une certaine Herminia.
Le morceau "Lua" est sélectionné par la cinéaste brésilienne Leila Hipólito pour figurer sur la bande sonore de son film "As Alegres Comadres", pour lequel Vadu signe deux titres originaux.
[2004]
La compilation "Taraf All Stars" inclue le morceau "Nha Bicu" [ extrait ] composé et chanté par Princezito, né à Tarrafal, cette ville du nord de l'île de Santiago.
[2005]
En compagnie de Cela Varela qui joue le rôle principal, Princezito met en scène la pièce de théâtre "Maria Badia", dont il a écrit le texte et pour laquelle il a composé la musique. Il avait débuté au théâtre avec la compagnie Renascer, de Tarrafal.
La réédition de l'album "Di Korpu Ku Alma" de Lura inclue un DVD, avec la vidéo d'un concert au cours duquel Lura chante "Lua".
[2006]
Sur le premier album solo "Tras di Son"de Djinho Barbosa (ex-Finaçon, ex-Abel Djassi), Princezito enregistre "Un batuku xatiadu si" [ extrait ], avec Paulino Vieira aux arrangements (et ça se sent).
Le Conseil Francophone de la Chanson édite le coffret "Francophonie 2006" à l'intérieur duquel figure le morceau "Batuke Pilon".
La chanteuse capverdienne Mayra Andrade enregistre une reprise de "Lua" sur son premier album, "Navega".
Princezito est invité à la semaine du Cap-Vert en France, il y donne un concert.
Dans son album "Traduson pa Tradison", Gilyto fait appel à Princezito (et aux batukadeiras Strela d'Africa) pour l'accompagner sur le morceau "Bagu na Txada" [ extrait ].
Princezito participe à la compilation "Praia-Dakar Conexões" avec deux superbes morceaux, "Badju Giradisku" [ extrait ] et "Batuke Pilon" [ extrait ]
[2007]
Sur son troisième album "Lus", Nancy Vieira interprète "Tchoro cantado" composé par Princezito [ extrait ].
Collabore à la pièce "A beleza passeia-se pela cidade" de la troupe Praia.mov.
Chante sur le morceau "Santo Amado" de l'album "Badyo" de son frère Mario Lucio.
Participe à l'enregistrement de "Som e Tom" d'Ivan Alfama.
[2008]
Le premier album de Princezito est annoncé pour le mois de février.