Le 20 octobre 2004 à 8 heures du matin, Ildo Lobo succombait d'une crise cardiaque. Le Cap Vert tout entier a été choqué par la disparition brutale du chanteur âgé de 51 ans, célèbre pour sa voix et pour son chant.
Il serait trompeur de se fier à la modeste discographie d'Ildo Lobo; le monsieur avait de la bouteille après avoir enregistré huit albums avec son fameux groupe "
Os Tubaroes" (les requins) qui s'était fait connaître avant même l'indépendance du pays (5 juillet 1975).
Quinze ans avant le phénomène
Cesaria Evora, reprenant des thèmes chers au parti unique, les Tubarões parcouraient le monde, leurs voyages étant grandement facilités par le pouvoir en place à l'époque.
Certains iront même jusqu'à qualifier les Tubarões de groupe officiel du système marxiste capverdien. Des années plus tard, en reprenant la chanson "Alto Cutelo" du député assassiné Renato Cardoso, Ildo Lobo prouvera qu'il n'a rien oublié des amours passées et qu'il reste fidèle aux thèmes sociaux chers aux Tubarões.
La voix d'Ildo Lobo était rapidement reconnaissable, on la disait spécialement conçue pour chanter la morna, qu'il incarnait impeccablement en compagnie de
Cesaria Evora ou de
Bana.
Il avait su réunir autour de lui plusieurs générations des meilleurs musiciens de l'archipel (
Mario Lucio de
Simentera pour son premier album, les musiciens accompagnant
Cesaria Evora pour les deux suivants) et ses trop rares concerts étaient toujours de grands événements.
Injustement peu connu en France, Ildo Lobo méritait une reconnaissance internationale qui serait forcement arrivée si des ennuis de santé (diabète et hypertension) n'étaient pas venus la compromettre à la mi-2003, alors que le gouvernement capverdien venait de décider de lui remettre un passeport diplomatique. Bien que remis, il resta discret même sur les scènes nationales, jusqu'à cette matinée tragique d'octobre 2004.
Tout comme d'autres personnages importants dans la vie culturelle ou politique capverdienne, Ildo Lobo est mort trop tôt: il est parti rejoindre
Orlando Pantera, Katchas, Renato Cardoso et Amilcar Cabral.
[1997]
Avec
Paulino Vieira, produit la compilation Peace, Love & Unity.
[2000]
Sur la compilation Musica de intervenção cabo-verdiana : perguntem à Xanana, il interprète "Perguntem à Xanana" réécrit pour l'occasion par A. Rui Machado (son site) et "Terra bô sabê".
Participe au spectacle inédit "Africa viva" donné à Evora, au Portugal.
[2000] (date incertaine) Chante les morceaux "M'cria ser poeta" (extrait), "Saragracia", "Biografia dum crioulo" (extrait) et "Casacabudjo" (extrait) sur le live de "Kings Gala", l'enregistrement d'un concert donné à Rotterdam en Hollande (date incertaine).
Le 20 mai 2002, en écho aux morceaux "Ask Xanana" (chanté en 1996 avec les Tubarões) et "Perguntem a Xanana" (enregistré sur la compilation "Musica de intervenção cabo-verdiana : perguntem à Xanana"), Ildo Lobo participe à Dili au grand concert de la déclaration d'indépendance du Timor-Est.
Participe à l'album Lagrima e Suplica de
Maria Alice.
[Novembre 2004] Incondicional Acheter ce disque
Pendant l'été 2004, Ildo Lobo était à Paris pour enregistrer son troisième album solo, qui sortira à titre posthume le 25 novembre au Cap Vert et début 2005 dans le reste du monde.
En décembre 2004, quatre grandes voix capverdiennes rendent hommage à Ildo Lobo dans l'enceinte du Colisée de Lisbonne:
Cesaria Evora,
Maria Alice, Nancy Vieira et Rita Lobo montent sur la scène où Ildo Lobo lui-même avait prévu de jouer ce jour-là.
Son métier était "dispachante" (transitaire, s'occupant des formalités douanières).
Un mini-scandale avait éclaté au Cap-Vert en 2003 quand, chargés de l'interroger à propos d'un de ses clients, des policiers étaient allés le chercher sur la plage et l'avaient emmené en maillot de bain.
Afin d'enregistrer un CD d'un genre nouveau, il donna un concert accompagné par un orchestre symphonique. L'enregistrement s'est mystérieusement évanoui dans la nature (en 2005-2006, Tito Paris reprendra l'idée).