Expédions rapidement les banalités pour en arriver à l'essentiel :
1. Mayra est jeune.
Et elle a commencé à chanter très jeune.
2. Mayra a voyagé: Cuba, Allemagne, Sénégal
Cap-Vert, Angola, France.
3. Mayra a une voix superbe.
4. Mayra est photogénique.
Ok, c'est fait. Tous ces ingrédients réunis font qu'on tient probablement là la première vraie star capverdienne: si Cesaria est devenue l'une des premières stars dans la catégorie "world music", Mayra a tout pour devenir une star internationale, tous genres confondus. Ça n'est d'ailleurs pas un hasard si le tube qui fait connaître la jeune cabo-parisienne est chanté en français; ce duo "Comme s'il en pleuvait" partagé avec le sénégalais Tété (qui l'a écrit pour elle) est le seul morceau de l'album à ne pas être chanté en créole. Y voir plus un symptôme qu'un paradoxe. Née en 1985, elle a déjà enregistré avec Aznavour, a chanté devant le dalaï-lama, s'est appuyée sur un producteur rompu (celui de Salvador, de Camille), a chanté contre le Sida, est montée sur scène pour soutenir les autistes... tout d'une star.
Mais Mayra ne s'est pas précipitée, elle n'a pas cédé aux trompettes de la renommée: elle a préféré se former, étoffer sa culture musicale, développer ses dons naturels, se faire un nom sur scène, patienter pour décrocher un contrat chez BMG - l'un des leaders mondiaux, rien que ça. Son succès d'aujourd'hui, elle ne le démérite pas, malgré tout ce que pourraient en dire ses détracteurs. Bien plus mûre que son âge pourrait le laisser penser, Mayra sait vivre avec son temps, avec le marketing, avec les médias, elle l'assume à juste titre, mélangeant tradition et modernité.
Au lieu de parler de tradition, mieux vaudrait parler de culture. Si la tradition est figée, la culture évolue, et Mayra en est l'exemple. En faisant la moue désabusée, on lui reproche d'avoir laissé trop de place à ses influences brésiliennes, d'avoir chanté la morna ou le batuque avec des arrangements de bossanoviste: les mêmes empêcheurs de danser en rond auraient probablement fustigé B.Leza, le plus célèbre des compositeurs capverdiens, pour avoir lui aussi introduit des sonorités brésiliennes dans les mornas que tout le Cap-Vert chante encore aujourd'hui. Qu'est-ce que vaudrait le néo-batuque de
Pantera s'il n'avait pas aimé le son du jazz? L'apport enrichit, il ne galvaude ni ne corrompt, il ne tue personne. D'autres artistes choisissent de faire de la musique traditionnelle, et c'est heureux qu'ils existent, tout comme il est salutaire et indispensable que d'autres, comme Mayra, fassent le pari de l'ouverture, du métissage, qui plus est avec de talentueux musiciens.
Pour être complet au sujet des polémiques, les détracteurs de Mayra lui reprochent de chanter la morna alors qu'elle est issue d'un milieu favorisé; selon eux, comment peut-elle sentir la morna alors qu'elle n'a jamais souffert? Critiques lancées accompagnées d'un regard plein de connivence par des gens qui n'ont jamais dû connaître le manque de confort matériel. Mais surtout, quelle bêtise. Ces inquisiteurs nous auraient certainement privé de Ferré, de Brassens, de Brel, sous prétexte de leurs origines sociales. Des critiques de toutes façons irrémédiablement balayées dès la première écoute de "Navega".
On ouvre l'album avec le morceau Dimokransa signé Kaka Barboza (un poète et musicien iconoclaste), pas spécialement une chanson d'amour. Portée par une musique légère, chantonnant joyeusement, multipliant les intonations ironiques pour mieux dénoncer les travers, sûre d'elle, Mayra dresse un portrait corrosif de la politique capverdienne: "la majorité est contente, se sentant très bien dans sa démocratie". On n'avait plus entendu ça depuis les
Tubarões, Renato Cardoso et
Ildo Lobo.
Suit une première interprétation de "Lapidu na bo" du regretté
Orlando Pantera, qui n'a pas eu le temps de l'enregistrer lui-même. Véritable monument, c'est une chanson d'amour pleine d'auto-ironie, de moquerie, qui stigmatise le passage irréfléchi et coûte-que-coûte à la prétendue modernité. Un peu plus loin, Mayra interprètera trois autres perles de Pantera: "Regasu", "Dispidida", "Tunuka".
(mais aussi, comment résister à quelqu'un qui chante aussi joliment "Tunuka" / qui place Ben Harper et son "Jah Work" dans sa playlist / qui demande à réécouter "Mama Africa" de Chico Cesar?)
Quand on attendait l'album de Mayra, elle s'excusait, s'esquivait, fuyait presque en prétendant qu'elle tenait à inclure ses propres compositions dès son premier album et qu'elle avait besoin de travailler. On y voyait un mauvais prétexte, une excuse un peu faiblarde. De quoi se mordre les lèvres en écoutant des titres comme "Mana" (ou ce qui arrive quand on veut se vendre), "Nha sibitchi" (porte-bonheur), "Navega" (hommage sucré-salé aux pêcheurs: thème triste sur une petite musique qui finit par s'emballer pour prendre des atours gitans), l'excuse avait du sens.
Dans l'ensemble, "Navega" est un album doux, feutré, vivant, soyeux. Mais l'énergie que Mayra dépense sans compter sur scène, on ne la retrouve que dans la reprise qu'elle fait de la chanson "Lua" écrite par Princezito. Celles et ceux qui iront la voir en concert feront la connaissance d'une Mayra plus rauque, plus allumée: en ce sens, "Navega" est une très belle carte d'invitation. Rien à regretter si l'on considère qu'il y a un temps pour tout et que l'écoute de l'album permet de gagner cinquante minutes de calme et de bien-être sur le chronomètre qui court trop vite.
Ceux qui auraient été attirés par les a-priori glamour devront patienter: avec "Poc li dente é tcheu" ("le peu que nous avons est beaucoup") signé par Nhelas Spencer, Mayra refuse la fatalité de l'émigration et appelle au développement du Cap-Vert. À l'heure où les portes de l'Europe se ferment toujours un peu plus, et en prévision d'une démographie croissante, le pays a effectivement tout intérêt à miser sur la formation de sa jeunesse...
L'album se termine enfin sur deux thèmes plus légers, en particulier avec "Nha nobreza", composé par Betu, pour se clore complètement avec le superbe "Regazu" (également connu sous le nom de "Morna") de
Pantera, comme un ultime hommage, chanté avec bien plus de simplicité et plus de grâce que dans le seul enregistrement de Mayra qui circulait jusqu'alors (quelle drôle d'idée, dans le livret accompagnant le CD, d'avoir très sérieusement traduit "la morna" par l'académique "la morne": traduit-on rock'n'roll par rocher-et-rouler, tango par tanguer, house par maison?).
Mayra a devant elle un avenir radieux - BMG ne s'y est pas trompé, en signant un contrat pour cinq albums - et c'est tout le mal qu'on lui souhaite. Et c'est en toute amitié et le plus respectueusement du monde qu'on remarquera que ça doit être difficile, si jeune, de garder la tête froide après avoir sorti un premier disque aussi bien accueilli. Il faut parier que la maturité de Mayra l'aidera à garder les pieds sur terre... et à nous émerveiller tout au long des prochaines années.
+ À 16 ans, Mayra décroche la médaille d'or (la première pour le Cap-Vert, après celle de bronze gagnée en boxe quatre ans plus tôt) de la chanson aux Jeux de la Francophonie à Ottawa.
+ Participe à la compilation franco-capverdienne "Cap Vers l'Enfant II" avec la reprise de "Prendre un enfant par la main" du français Yves Duteil. [ extrait ]
[2003]
+ Elle participe au Brésil à l'enregistrement d'un titre collectif destiné à promouvoir la lutte contre le Sida. "Amor, cuidado!" ("Amour, attention!") réunit de grands interprètes lusophones, parmi lesquels Chico Buarque, Alcione, Lenine, Martinho da Vila, Filipe Mukenga.
+ Monte pour la première fois sur la scène du festival de
Baia das Gatas, sur l'île de São Vicente.
[2004]
Dans l'album "Coeur de boeuf dans un corps de nouille" d'Ignatus, Mayra chante sur le titre "Ronde comme moi". [ extrait ]
[2004]
Nouveau duo, cette fois-ci avec
Mario Lucio, pour le titre "Finaçon de Djusé cu Djoana" sur "Mar e Luz", premier album solo de l'ancien fondateur de
Simentera. [ extrait ]
[2005]
+ Entre en studio avec Charles Aznavour pour enregistrer "Danse avec l'amour" qui sortira sur l'album "Insolitement vôtre". [ extrait ]
+ Sortie en décembre 2005 d'un CD en hommage au saxophoniste et compositeur
Luis Morais mort en 2002: "Homenagem Luis Morais - Boas Festas" réunit
Tito Paris,
Cesaria Evora,
Lura,
Bius,
Dudu Araujo, Jorge Sousa, Djosinha, Zeca di Nha Reinalda (ex-Bulimundo, ex-Finaçon), Nancy Vieira, Dany Silva, Dina Medina et Nando da Cruz (à l'origine de l'initiative).
[2006] NAVEGA
1. Dimokransa [ extrait ]
2. Lapidu na bô
3. Mana [ extrait ]
4. Tunuka
5. Comme s'il en pleuvait
6. Nha sibitchi
7. Lua
8. Navega [ extrait ]
9. Poc li dente é tcheu [ extrait ]
10. Dispidida
11. Nha nobréza
12. Regasu
[2006] + Sur le morceau "Destino maior: amar", Mayra participe au disque "Do outro lado" du portugais Carlos Martins.
+ Dans l'album "Nos pobréza ké nos rikéza", elle pose sa voix sur le titre "Mas amor" du groupe de hip-hop LA MC MALCRIADO. [ extrait | paroles ]
[2007]
+ Mayra passe les fêtes de fin d'année à Mindelo où elle accompagne le groupe LA MC MALCRADIO venu effectuer le tournage de son clip.
+ La revue portugaise Blitz place "Navega" dans les 20 meilleurs albums sortis en 2006, tous genres et toutes nationalités confondus.
+ Enregistre "Segunda geração" [ extrait | paroles ] en duo et pour Teofilo Chantre, dans l'album "Viajà" prévu pour septembre 2007.
+ Participe le 5 août 2007 à la 23ème édition du Festival de Baia das Gatas, sur l'île de São Vicente (lire le compte-rendu de sa prestation).
[2008]
+ En avril, la BBC 3 World Music considère que Mayra est la meilleure révélation de l'année, elle remporte le prix aux dépens du malien Vieux Farka Touré, des américo-israéliens Balkan Beat Box et du groupe Bassekou Kouyate & Ngoni Ba, eux aussi maliens.
+ Toujours en avril, Navega devient Disque d'Or au Portugal, après avoir généré plus de 10000 ventes (il en faut 80000 en France pour décrocher la galette dorée).
+ Une édition spéciale de Navega est commercialisée au Portugal, avec un titre supplémentaire, "Destino maior: amar", déjà enregistré sur l'album "Do outro lado" du portugais Carlos Martins.
+ Mayra commencera l'enregistrement de son deuxième CD à la fin de l'année 2008, pour une sortie prévue au printemps 2009.
CONCERTS
16/05/08
Velizy France - França - Frankreich
06/06/08
Chicago Etats-Unis - EUA - USA
29/06/08
Festival de Jazz - Montréal Québec - Canada
30/06/08
Festival de Jazz - Montréal Québec - Canada
11/07/08
Festival Cool Jazz - Oeiras Portugal
13/07/08
Paris Jazz Festival France - França - Frankreich
16/07/08
Jena Allemagne - Germany - Deutschland
17/07/08
Kassel Allemagne - Germany - Deutschland
19/07/08
Lorrach Allemagne - Germany - Deutschland
24/07/08
Festival Paleo - Nyon Suisse - Switzerland - Suiça
30/07/08
Londres Angleterre - Inglaterra - UK
02/08/08
Nuits de Fourvières - Lyon France - França - Frankreich
mayra t es magnifique;cest trop bien ce q t chante et en plus tes belle alors q dmander d plus.....bon courage et jespere t voir sur scene un jour.une fan;
De sir jo Le 24/06 à 19:35
j'ador 7 meuf
De patricia Le 30/03 à 16:44
ola!tas bem bonitinha... continua mais uma outro cancao com os la mc malcriado essa ta fiz